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2015-01-01T16:52:59+01:00

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Publié par Dune et Effie

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Me voici de retour pour le cinquième article de cette catégorie ! Oui, je sais, j'avais dit que je serais de retour et que je publierais un article par semaine et finalement j'en publie même pas un par mois. La vérité c'est que je n'ai pas vraiment de bonnes excuses, si ce n'est que je dois plus travailler... Comme je n'ai justement pas d'excuse, je vous invite à passer directement à l'article ! (La technique d'Effiiie). Et je rappelle juste que les numéros des pages en dessous de la citation ne correspond pas forcement à toutes les éditions du livre !

Passons donc sans plus attendre au premier extrait qui nous vient tout droit d'une chanson de Renaud très connue qui s'appelle: Mistral gagnant. J'aime beaucoup Renaud, je trouve toujours ses mélodies et ses paroles sympathiques, avec une voix plutôt spéciale. Enfin bref, peut-être que je mettrais d'autres extraits de ses chansons un peu plus tard.

"Et entendre ton rire s'envoler aussi haut

Que s'envolent les cris des oiseaux

Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie

Et l'aimer même si

Le temps est assassin et emporte avec lui

Les rires des enfants

Et les mistrals gagnants"

Mistral gagnant, Renaud

holding back wont turn back time

Le deuxième extrait vient d'un livre que j'ai beaucoup aimé (et Dune aussi, vous pouvez même aller voir son article: ici) qui s'appelle donc Seventeen. J'ai beaucoup appricié ce roman même si c'est des monologues, j'ai bien aimé le côté hésitant des déclarations des deux parents et le style d'écriture est vraiment chouette. Je pensais faire un article entier dessus mais finalement je vais répartir les citations sur plusieurs articles. Alors voici la première citation du livre :

"C'est vrai qu'il nous était arrivé de dire qu'on ne voulait pas d'enfant. Un enfant ça signifie renoncer à sa vie. Un enfant ça signifie cesser de vivre, cesser de lutter. Un enfant ça signifie se rendre fragile et vulnérable, lâche et dépendant. Et puis, il y avait déjà trop d'enfants dans le monde. Mais ce jour-là, nous te voulions. [...] Nous voulions un enfant. C'est toi que nous voulions.

C'est toi que nous voulions. C'est ridicule ce que je dis. Comme si on pouvait choisir. Comme si on pouvait imaginer un enfant. [...] Comme si on avait pu imaginer que tu serais quelqu'un d'autre de toi. C'est vraiment ridicule ce que je dis. C'est toi que nous voulions. Qu'est-ce que j'en sais moi ?

En tout cas, c'est toi qui est venu. Et nous t'avons tout de suite aimé."

p.13

M O O N

 

Le troisième extrait vient d'un livre que je dois lire pour l'école (oui, c'est possible). Je viens de le commencer donc je ne saurais vous donner mon avis dessus mais un passage m'a intriguée. Je l'ai trouvé intéressant. Il s'agit d'une citation d'Yvain, ou le chevalier au lion de Chrétien de Troyes.

"Puisque tel est votre plaisir, écoutez donc ! Prêtez-moi le coeur et l'oreille car la parole se perd si le coeur n'entend pas. Il y a des gens qui entendent une chose incompréhensible pour eux et qui l'approuvent; en fait, il ne retiennent que le bruit puisque le coeur ne l'a pas comprise. La parole vient aux oreilles comme le vent qui vole, mais elle ne s'y arrête ni demeure; elle s'en va, en un rien de temps, si le coeur n'est pas assez éveillé ni exercé pour la saisir au vol. Car, s'il peut la saisir à l'état de bruit, s'il peut l'enfermer et la retenir, les oreilles sont la voie et le conduit qui amènent la voix jusqu'au coeur. Le coeur saisit alors, dans la poitrine, la voix qui entre par l'oreille. Ainsi, celui qui voudra me comprendre doit me confier son coeur et ses oreilles car je ne veux proférer ni songe, ni fable, ni mensonge."

p.40

 

 

Les deux prochains extraits m'ont été suggérés par Dune. Deux petites phrases d'un film et d'une pièce de théâtre très sympas.

Le film est donc Le voyage de Chihiro d'Hayao Miyazaki. Une histoire fantastique d'une fille ayant déménagé et se retrouvant dans un monde étrange et fantomatique.

"On n'oublie jamais les gens qu'on a rencontré. On a juste du mal à s'en souvenir."

The silence of the forest... 🌲🍁

Et le dernier est de la pièce de théâtre Néron :

"Nous volons des instants de bonheur. Il serait criminel de ne pas en profiter."

 

Voilà, cet article est maintenant terminé, j'espère que vous l'avez aimé. N'hésitez pas à me dire ce que vous avez penser de l'article dans les commentaires mais aussi des citations, c'est intéressant de connaître différents point de vue. A bientôt !

Effie

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2014-11-13T13:57:22+01:00

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Publié par Effie

Bonjour ! On se retrouve ce jeudi (après une longue absence je l'avoue... la ponctualité, ce n’est pas trop mon truc) enfin bref, pour un nouvel article !

Cette photo pour vous rappeler que l'automne est arrivé, fini la piscine et le soleil, on sort les habits chauds et on garde le sourire malgré la pluie car de nouveaux articles vont arriver très bientôt (et aussi peut-être un petit concours héhé)

Passons, donc le premier extrait sera du livre « L’alphabet des anges » de Xochilt Borel (très peu connu et un nom difficilement prononçable) mais qui est vraiment un superbe livre ! Peut-être qu’il y aura un article dessus, en attendant, je vous conseille de le lire.

« Les cheveux bouclés d'Aneth en plein dans mon paysage, la vue écrasée par son odeur, j'étais émue à en mourir, émerveillée par sa force vive qui, je le sentis à cet instant comme jamais, résisterait à tout épreuve. Elle avait beau être bâtarde, borgne, trop intelligence ou en salopette, elle pouvait devenir aveugle ou poisson-lune, Aneth résisterait, et avec elle, sa liberté ; il y avait sous sa chevelure feuillue et insoumise tant de poésie désarmante, prête à s'engager et à supporter, prête surtout à aimer. »

Le livre, bien que plutôt court, est rempli de poésie et d’émotions. J’ai sélectionné un extrait qui m’a fait sourire.

« Ce soir-là, sur la petite table du restaurant à l’angle de notre rue, à jouer des coudes pour croquer le mieux possible à pleines dents, je nous sentis tellement forts, à nous trois, même la mort me paraissait ridicule contre ce rempart d’amour que nous formions. Emile parla beaucoup, comme jamais, tandis qu’Aneth riait de son reflet dans la vitre illuminée par l’ampoule nue, s’amusant à tirer la langue et à danser, frétillante comme un saumon.

-Maman, regarde comme je suis belle !

Elle tournait et jouait des mains, à la manière d’une vague, dans une sorte de flamenco inimitable. […]

-Tu sais à quoi je ressemble ?

Elle s’était arrêtée net.

-A l’alphabet, mais sans l’orthographe. Juste le mouvement des lettres. »

p.102

Le deuxième extrait est assez spécial car il ne vient pas d’un roman mais d’une bande dessinée que j’aime bien : « Donjon ». Peut-être le nom vous dit quelque chose, cette série ne plaît pas à tout le monde, c’est vrai, c’est un style particulier (personnellement, je trouve vraiment drôle mais je n’ai pas le même humour que tout le monde :’)). Bref, pour clore le dernier album, il y a une petite touche de philosophie (oui, c’est possible)

« -Ils veulent vivre toujours. Lorsqu’ils s’aperçoivent que ça n’est pas possible, ils essaient que leur renommée leur survive. Comme si rester au centre des conversations après leur mort les faisait exister plus que les autres. Et finalement, ils se rendent compte bien avant leur mort qu’on va les oublier. On les regardait comme des espoirs, puis comme des sages, et à la fin on ne les regarde plus. […] Les héros ont perdu par K.-O. leur combat contre le temps. Les actes de bravoure n’ont de sens qu’au moment où on les accomplit et dans la mémoire de leurs acteurs. Dans le temps, rien ne s’inscrit durablement. »

‘’La fin du Donjon‘’, tome 111

 

Et comme on est dans les nouveautés, le dernier extrait sera d'une musique, une chanson de Grand Corps Malade. J'affectionne particulierement ce chanteur, j'adore vraiment comme ses chansons et sa voix donc je pense mettre pas mal d'extraits de lui en espèrant que vous aimerez aussi.

« J'crois qu'on a tous une bonne étoile sauf que des fois elle est bien planquée

Certaines même plus que d'autres, il faut aller les débusquer

Parfois ça prend du temps quand tu fais trois fois l'tour du ciel

Mais si tu cherches c'est qu'tu avances, à mon avis c'est l'essentiel

J'fais partie d'ceux qui pensent qu'y'a pas d'barrières infranchissables

Il faut y croire un peu, y'a bien des fleurs qui poussent dans l'sable

Et c'est quand tu t'bats qu'y'a d'belles victoires que tu peux arracher

Comme se relever avec une moëlle épinière en papier maché

J'n'apprend rien à personne, tu es vivant tu sais c'que c'est

Vivre c'est accepter la douleur, les échecs et les décès

Mais c'est aussi plein d'bonheur, on va l'trouver en insistant

Et pour ça faut du coeur, et un mental de résistant.»

Mental, Grand Corps Malade

 

 

Article d'Effie

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2014-09-25T10:43:18+02:00

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Publié par Effie

Hello ! Me voila de retour pour le troisième article de la catégorie ! J'espère que vous aimez bien. J'en profite pour dire que je vais faire un article par semaine, chaque jeudi soir, et que cet article portera sur différents livres.

Voici les passages sélectionnés ! Au passage, les images de cette catégorie font toutes partie du jeu "Dixit" ou du site "We heart it" car je les trouve très jolies et originales :)

 

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Le premier extrait est tiré du livre "Le rêve de Talitha", le premier tome de la nouvelle saga "Les royaumes de Nashira" de Licia Troisi. Talitha est la fille d'un comte riche et cruel qui, à la mort de sa soeur, l'envoie au Monastère accompagnée de son fidèle et ami serviteur, Saiph. Le passage se déroule juste après la mort de Lebitha, la soeur de Talitha.

 

"-Quand ma mère est morte, moi aussi, je me suis senti infiniment seul, lui raconta Saiph. Mais ensuite, j'ai compris que je ne l'étais pas vraiment. Elle m'avait laissé tant de choses : les livres qu'elle me lisait, tout ce qu'elle m'avait enseigné, tout ce qui avait fait de moi la personne que je suis. Le temps passé avec ceux que nous aimons n'est jamais perdu. Il nous marque pour toujours. "

p.73

 

Le deuxième extrait vient du livre "La dernière petite enveloppe bleue" de Maureen Johnson. Tante Peg est une grande artiste et aussi la tante de l'héroïne principale, Ginny. Avant de mourir, elle organise une chasse aux enveloppes à travers l'Europe, un voyage fantastique dicté par des consignes dans chacune des lettres dispersées un peu partout.

Ginny se souvient d'une discussion avec sa tante un peu plus tôt, quand elle avait suivi sa tante chez un ami à elle pour se baigner dans une piscine, qui s'était révélé être une benne rempli d'eau (c'est Tante Peg qui parle).

 

"-Tu sais quoi ? lui avait-elle dit. Les gens pensent que c'est impossible d'avoir une piscine à New-York, [...]. Mais ce n'est pas illégal de posséder une benne très propre, et si tu veux la remplir d'eau et t'y baigner... Et bien, c'est ta prérogative. Les gens disent toujours qu'ils ne peuvent pas faire certaines choses, que c'est impossible. En réalité, ils manquent juste de créativité. Cette piscine est un triomphe de l'imagination. C'est comme ça qu'on réussit dans la vie, Gin. Il faut s'imaginer un chemin. Ne dis jamais que quelque chose est impossible. Il y a toujours une solution, même si elle est bizarre."

 

p.61

 

Cet extrait vient de Je ne sais plus pourquoi je t'aime de Gabrielle Zevin :D

 

Tout finit par s’oublier, de toute manière. D’abord, on oublie tout ce qu’on a appris : les dates de la guerre de Cent Ans, le théorème de Pythagore. On oublie surtout tout ce qu’on n’a pas vraiment appris mais juste mémorisé la veille au soir. On oublie les noms de pratiquement tous ses profs à part un ou deux, qu’on finira par oublier eux aussi. On oublie son emploi du temps de première, sa place dans la classe, le numéro de téléphone de son meilleur ami et les paroles de cette chanson qu’on a bien écoutée un million de fois. [...] Et finalement, mais lentement, tellement lentement, on oublie ses humiliations… même celles qui semblaient indélébiles finissent par s’effacer. On oublie qui était branché et qui ne l’était pas, qui était beau, intelligent, sportif ou pas. Qui est allé dans une bonne fac. Qui donnait les meilleures fêtes. Qui pouvait vous trouver de l’herbe. On les oublie tous. Même ceux qu’on disait aimer, et ceux qu’on aimait vraiment. Ceux-là sont les derniers à disparaître. Et ensuite, une fois qu’on a suffisamment oublié, on aime quelqu’un d’autre.     

 

p.?

 


 

 

 

Effie

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2014-09-12T13:31:38+02:00

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Publié par Effie

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Voici le deuxième article de la catégorie ! Cette fois-ci, il portera sur un seul ouvrage : "La vie devant soi" de Romain Gary sous le pseudonyme d’Émile Ajar.

Le narrateur est un garçon de dix ans (puis quatorze), Mohammed, qui vit  chez Madame Rosa (qui est comme sa mère pour lui) et il échange parfois certains mots ou il a des expressions assez drôles, ce qui en fait une lecture touchante et dure à la fois car son histoire est triste. Les citations sont plutôt courtes donc je vais en mettre beaucoup.

J'ai beaucoup aimé ce livre, mais c'est surtout à la deuxième moitié que je suis vraiment entrée dedans. C'est un livre magnifique, avec pleins de citations à partager si vous ne l'avez pas encore lu. Nous l'avons lu toutes les deux et avons chacune trouvé des passages superbe.

"Bien sûr, elle n'était jamais tout à fait tranquille là-dessus car pour ça il faut être mort. Dans la vie c'est toujours la panique."

p.29

 

"Les gens tiennent à la vie plus qu'à n'importe quoi, c'est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu'il y a dans le monde."

p.57

 

"- C'est la que je viens me cacher quand j'ai peur.

- Peur de quoi, Madame Rosa ?

- C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo.

Ça, je l'ai jamais oublié, parce que c'est la chose la plus vraie que j'aie jamais entendue."

p.63

 

"Je ne sais pas du tout de quoi Madame Rosa pouvait bien rêver en général. Je ne vois pas à quoi ça sert de rêver en arrière et à son âge elle ne pouvait plus rêver en avant."

p.69

 

"Monsieur Hamil aussi, qui a lu Victor Hugo et qui a vécu plus que n'importe quel homme de son âge, quand il m'a expliqué en souriant que rien n'est blanc ou noir et que le blanc, c'est souvent le noir qui se cache et le noir, c'est parfois le blanc qui s'est fait avoir. Et il a même ajouté, [...] : "Croyez-en ma vieille expérience." Monsieur Hamil est un grand homme, mais les circonstances ne lui ont pas permis de le devenir."

p.84

 

"Moi, l'héroïne, je crache dessus. Les mômes qui se piquent deviennent tous des habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque. Pour se piquer, il faut vraiment chercher à être heureux et il n'y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles. [...] Mais je ne tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie."

p.90

"Quand on est môme, pour être quelqu'un il faut être plusieurs."

p.104

 

"Un môme qui a un père flic, c'est comme s'il avait deux fois plus de père que les autres."

p.108

 

"Non, ce que j'aimerais, c'est d'être un mec comme Victor Hugo. Monsieur Hamil dit qu'on peut tout faire avec les mots mais sans tuer des gens et que j'aurais le temps, je vais voir. Monsieur Hamil dit que c'est ce qu'il y a de plus fort. Si vous voulez mon avis, si les mecs à main armée sont comme ça, c'est parce qu'on les avait pas repérés quand ils étaient mômes et ils sont restés ni vus ni connus. [...] Madame Rosa dit que la vie peut être très belle mais qu'on ne l'a pas encore vraiment trouvée et qu'en attendant il faut bien vivre. Monsieur Hamil m'a aussi dit beaucoup de bien de la vie et surtout des tapis persans."

p.128

"Des fois même j'avais envie de défendre le choléra parce que lui au moins c'est pas sa faute s'il est comme ça, il a jamais décidé d'être le choléra, ça lui est venu tout seul."

p.143

 

"Ce n'était pas pour me sauver, ça n'existe pas, c'était seulement pour ne plus être là."

p.161

 

" - Madame Rosa, c'est seulement la vie, et on peut vivre très vieux avec ça. Le docteur Katz m'a dit que vous êtes une personne de votre âge et il a même donné un numéro pour ça."

p.167

 

"[...] Madame Rosa ne voulait pas courir le risque d'être couchée en bonne et due forme sur des papiers qui le prouvent, car dès qu'on sait qui vous êtes on est sûr de vous le reprocher."

p.170

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2014-08-29T12:33:54+02:00

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Publié par Effie

Voici le tout premier article de la catégorie Marque-page ! J'ai décidé de mettre quelques passages de ma lecture en cours, j'espère que ça vous plaira :)

En ce moment, je lis une petite pièce de théâtre vraiment géniale qui s'appelle "Novecento : pianiste" d'Alessandro Baricco. C'est un monologue qui raconte l'histoire de Novecento, petit garçon né sur le bateau Virginian, qui n'a jamais quitté l'océan et qui a appris à jouer du piano magnifiquement bien. Ce livre est très touchant ! J'aurais voulu tout mettre mais j'ai du choisir mes passages préférés. Vous pouvez aller voir ce Booknode où il y a beaucoup de passages magnifiques.

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" Un jour, j'ai demandé à Novecento à quoi il pensait quand il jouait, et ce qu'il regardait, les yeux toujours droit devant lui, où il s'en allait, finalement, dans sa tête, pendant que ses mains se promenaient toutes seules sur les touches. Et il m'a répondu : "Aujourd'hui je suis allé dans un pays très beau, les femmes avaient des cheveux parfumés, il y avait de la lumière partout et c'était plein de tigres."

 

"Il voyageait, quoi.

Et chaque fois il allait dans un endroit différent : en plein centre de Londres, [...]. Le plus difficile à comprendre, c'était comment il pouvait savoir à quoi ça ressemblait, [...] je veux dire, il n'en était jamais descendu, de ce bateau, pas une fois [...]. Et toutes ces choses-là, pourtant, c'était comme s'il les avait vues. Novecento, tu lui disais "Une fois j'ai été à Paris", et il te demandait si tu avais vu les jardins de machin-truc, [...], il savait tout, [...]."

"-Mais tu y es déjà allé, à Paris, Novecento ?

-Non.

-Alors...

-C'est-à-dire... si.

-Comment ça, si ?

-Paris. "

 

"Tu pouvais te dire qu'il était fou. Mais ce n'était pas si simple. Quand un type te raconte avec une précision absolue quelle odeur il y a sur Bertham Street, l'été, quand la pluie vient juste de s'arrêter, tu ne peux pas te dire qu'il est fou pour la seule et stupide raison qu'il n'y est jamais allé sur Bertham Street. Lui, dans les yeux de quelqu'un, cet air-là, l'air de Bertham Street, il l'avait respiré, vraiment. A sa manière : mais vraiment. Le monde, il ne l'avait peut-être jamais vu. Mais ça faisait vingt-sept ans que Novecento, sur ce bateau, le guettait. Et lui volait son âme.

Il avait du génie pour ça, il faut le dire. Il savait écouter. Et il savait lire. Les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs,leur terre, leur histoire... écrite sur eux, du début à la fin. Et lui, il lisait, et, avec un soin infini, il cataloguait, il répertoriait, il classait.... Chaque jour, il ajoutait un petit quelque chose à cette carte immense qui se dessinait dans se tête, une immense carte, la carte du monde, du monde tout entier, d'un bout jusqu'à l'autre. Et ensuite il voyageait dessus, comme un dieu, pendant que ses doigts se promenaient sur les touches en caressant les courbes d'un ragtime. " 

 pp. 33-36

"Quand à moi, je n'étais même pas certain qu'il l'ait jamais été, malheureux. Ce n'était pas une de ces personnes dont tu te demandes toujours est-ce qu'il est heureux, ce type-là. C'était Novecento, point. Il ne te faisait pas venir à l'esprit l'idée du bonheur, ou de la souffrance. Il avait l'air au-dessus de tout, il avait l'air intouchable. Lui, et sa musique : le reste, ça ne comptait pas."

"Tu ne dois pas t'imaginer que je suis malheureux : je ne le serai plus jamais." ça m'en a laissé baba, cette phrase. Il n'avait pas l'air du gars qui plaisante, en disant ça. L'air de celui qui sait très bien où il va. Et qui y arrivera. C'était comme quand il s’asseyait au piano et qu'il commençait à jouer, aucune hésitation dans ses mains, ces notes, les touches semblaient les attendre depuis toujours, comme si elles n'avaient existé que pour ces notes-là, et uniquement pour elles. [...]

Je sais maintenant que ce jour-là Novecento avait décidé qu'il allait s'asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurde et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu'il lui resterait d'années. Et ne plus jamais être malheureux."

pp.56-57

Effie

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2014-08-25T07:20:44+02:00

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Publié par Dune and Effie

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Présentation

 

Voila comme promis la catégorie "Marque-page" ! Ici, vous trouverez des passages de livres qui nous auront touchées ou qui nous auront fait rire et parfois aussi des paroles de chansons ou des dialogues de films.

 

 

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Qu’est-ce qu’un livre ? Une suite de petits signes. Rien de plus. C’est au lecteur à tirer lui-même les formes, les couleurs et les sentiments auxquels ces signes correspondent. Il dépendra de lui que ce livre soit terne ou brillant, ardent ou glacé.

Jardin d’Épicure

Anatole France

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